Sélectionner une page

Un message arrive sur votre téléphone. « Bonjour Mamie, c’est moi, j’ai cassé mon téléphone, voici mon nouveau numéro. » L’arnaque au faux petit-fils commence toujours ainsi.

Elle fonctionne parce qu’elle vise le cœur, pas l’ordinateur. Aucun antivirus ne peut vous en protéger.

Voici comment la reconnaître, et surtout comment y répondre.

Comment se déroule l’arnaque

D’abord, tout commence par un message d’un numéro inconnu. Le ton est affectueux et pressé.

L’escroc ne donne jamais de prénom au début. Il attend que vous le donniez vous-même. Beaucoup répondent : « C’est toi, Thomas ? » Et voilà, il s’appelle Thomas.

Ensuite vient une petite conversation banale, sur un ou deux jours. Elle sert à installer la confiance.

Puis le problème arrive. Une facture urgente, un déménagement, un compte bloqué. La somme demandée reste modeste au départ.

Enfin, il vous presse. « Je te rembourse vendredi, mais il faut que ce soit fait aujourd’hui. » L’urgence empêche de réfléchir.

Souvent, il demande aussi le silence. « Ne dis rien à papa, il va se fâcher. » Ce détail devrait à lui seul vous alerter.

Les signes du faux petit-fils qui ne trompent pas

Cinq indices reviennent dans presque tous les cas.

Premier indice : le message vient d’un numéro que vous ne connaissez pas.

Deuxième indice : votre proche n’est jamais nommé au départ. C’est vous qui donnez le prénom.

Troisième indice : il refuse d’appeler. Il invente une excuse, souvent un micro cassé ou une réunion.

Quatrième indice : il demande de l’argent par virement, et jamais en espèces de la main à la main.

Cinquième indice : il demande le secret. Un vrai petit-fils en difficulté n’exige pas le silence familial.

Ces mécanismes ressemblent beaucoup à ceux du faux conseiller bancaire. Toujours l’urgence, toujours la confiance, toujours l’argent.

Le seul geste qui protège vraiment

Heureusement, une seule règle suffit à tout arrêter. Raccrochez, puis appelez vous-même votre proche sur son ancien numéro.

Celui que vous avez dans vos contacts depuis des années. Pas celui du message.

Le plus souvent, votre petit-fils décrochera, surpris. L’affaire est réglée en trente secondes.

S’il ne répond pas, appelez un autre membre de la famille. Un parent, un frère, une sœur.

Ne vous excusez jamais de vérifier. Un vrai proche comprendra parfaitement, et il sera même content de votre prudence.

Surtout, ne cédez pas à l’urgence. Aucune vraie situation familiale ne se règle en quinze minutes par virement.

Si vous avez déjà répondu

Cela arrive à beaucoup de monde, et bien plus souvent qu’on ne le croit.

D’abord, ne culpabilisez pas. Ces escrocs sont des professionnels, et ils piègent aussi des gens jeunes et méfiants.

Si vous avez seulement discuté, arrêtez tout. Bloquez le numéro, comme l’explique notre guide pour bloquer un numéro.

Si vous avez envoyé de l’argent, appelez votre banque immédiatement. Un virement récent peut parfois être arrêté.

Ensuite, portez plainte au commissariat ou à la gendarmerie. Emportez les messages, sans les effacer.

Photographiez d’ailleurs l’écran avant toute chose. Une capture vaut mieux qu’un souvenir, et les enquêteurs la réclameront.

Notez également la date, l’heure et le numéro utilisé. Ces détails paraissent secondaires, mais ils comptent beaucoup dans un dossier.

Vous pouvez aussi signaler le numéro au 33700, le service public de signalement des SMS frauduleux. Cela prend deux minutes et protège les suivants.

Enfin, parlez-en autour de vous. La honte fait le jeu des escrocs, et le silence les protège.

Pourquoi cette arnaque marche si bien

On croit souvent que seules les personnes crédules tombent dans le piège. C’est faux, et il faut le dire clairement.

Car l’escroc ne s’attaque pas à votre intelligence. Il s’attaque à votre amour pour vos proches.

Ensuite, il installe l’urgence. Or, sous pression, personne ne réfléchit correctement, à aucun âge.

Il exploite enfin une gêne bien naturelle. Demander une preuve à son propre petit-fils paraît blessant.

C’est pourquoi la parade doit être décidée à l’avance, à froid. Une règle posée un dimanche midi tient bien mieux qu’une décision prise dans l’angoisse.

Le mot de passe familial

Voici une astuce toute simple, et redoutablement efficace.

Elle ne coûte rien et se met en place au prochain repas dominical.

Choisissez en famille un mot secret. Le nom du chien d’enfance, ou le village de vacances.

Ensuite, la règle est claire. Toute demande d’argent par message doit être accompagnée de ce mot.

Un escroc ne peut pas le deviner. Un vrai petit-fils, si.

Mettez ce mot en place au prochain repas de famille. Cela prend une minute, et cela vous protège pour des années.

Les autres visages de la même arnaque

Le faux petit-fils a des cousins. Ils utilisent tous le même ressort.

Il y a le faux livreur, qui réclame quelques euros de frais de douane. Notre article sur l’arnaque au colis le décrit en détail.

Il y a le faux dépanneur informatique, qui appelle pour un virus imaginaire.

Il y a enfin la fausse administration, qui annonce un remboursement à réclamer d’urgence. Les impôts ne réclament jamais de coordonnées bancaires par message.

Il existe aussi la fausse amie rencontrée sur Internet, qui met des semaines à demander un premier virement.

Dans tous les cas, la parade reste identique. On ne répond jamais dans l’instant, et on rappelle soi-même par un numéro connu.

Enfin, prévenez vos amis du même âge. Une arnaque connue d’avance perd presque toute son efficacité.

Prenez cette habitude, et vous serez tranquille. Elle vaut mieux que tous les logiciels du monde.

À lire aussi sur le même sujet