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Un message arrive sur votre téléphone. « Votre colis n’a pas pu être livré, réglez 2,90 € de frais. » Un lien suit, tout paraît normal, et pourtant c’est une arnaque au colis.

C’est aujourd’hui la tromperie la plus répandue par message en France. Des milliers de personnes la reçoivent chaque jour.

Elle fonctionne parce qu’elle tombe juste. Presque tout le monde attend un colis, ou en a attendu un récemment.

Comment fonctionne l’arnaque au colis

Les escrocs envoient le même message à des milliers de numéros au hasard. Ils ne vous connaissent pas.

Le message imite un transporteur connu. Il annonce un problème de livraison et réclame une petite somme.

Cette somme est volontairement minuscule. En effet, deux ou trois euros ne font peur à personne. Mais ce n’est pas l’argent qui les intéresse : c’est votre numéro de carte bancaire.

Les cinq signes qui doivent alerter

Un faux message se repère presque toujours. Voici les indices à vérifier avant tout.

  • Vous n’attendez aucun colis, ou pas de ce transporteur.
  • Le message réclame de l’argent, même une toute petite somme.
  • Le lien contient une adresse bizarre, avec des mots collés ou des lettres en trop.
  • Le ton est pressant : « dernier avis », « sous 24 heures », « votre colis sera détruit ».
  • Il y a des fautes, ou une tournure de phrase étrange.

Un seul de ces signes suffit à se méfier. Un vrai transporteur ne demande jamais votre carte bancaire par message.

Le réflexe le plus simple : ne pas cliquer

Ne cliquez sur aucun lien reçu par message. C’est la seule règle vraiment importante.

Si vous attendez réellement un colis, ouvrez plutôt le site du transporteur vous-même. Tapez son adresse dans le navigateur, ou passez par le suivi reçu dans votre e-mail de commande.

Ainsi, vous arrivez sur le vrai site, quoi qu’il arrive. Cette habitude vous protège aussi contre les e-mails d’hameçonnage, qui utilisent exactement la même ficelle.

J’ai cliqué et donné ma carte, que faire ?

D’abord, ne culpabilisez pas. Ces messages sont bien faits, et des personnes très à l’aise avec Internet se font avoir.

Ensuite, agissez vite, dans cet ordre.

  1. Appelez votre banque, ou faites opposition depuis son application.
  2. Surveillez vos comptes pendant plusieurs semaines.
  3. Contestez par écrit tout prélèvement que vous n’avez pas autorisé.
  4. Déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie.

Sachez que la loi protège l’utilisateur en cas de paiement non autorisé. Votre banque doit rembourser un prélèvement que vous n’avez jamais validé, sauf négligence grave de votre part.

Signaler pour protéger les autres

Le signalement est gratuit et prend une minute. Transférez simplement le message suspect au 33700.

Vous recevrez une réponse automatique vous demandant le numéro de l’expéditeur. Transférez-le à son tour.

Ce service public permet de faire fermer les numéros frauduleux. Tout est expliqué sur le site officiel du 33700.

Pourquoi ces messages tombent si juste

Beaucoup se demandent comment les escrocs savent qu’ils attendent un colis. En réalité, ils ne le savent pas.

Ils envoient le même texte à des millions de numéros pris au hasard. Statistiquement, une partie des destinataires attend vraiment une livraison ce jour-là.

C’est exactement le principe du filet de pêche. Nul besoin de viser : il suffit de ratisser large.

Comprendre cela change tout. Le message n’est pas « pour vous », donc il n’y a aucune raison d’y croire.

Trois réflexes qui protègent durablement

Premier réflexe : ne jamais payer à la suite d’un message reçu. Un vrai transporteur encaisse au moment de la commande, pas après.

Deuxième réflexe : vérifier l’adresse du site avant de saisir quoi que ce soit. Le nom officiel doit apparaître juste avant la première barre oblique.

Troisième réflexe : ne jamais saisir sa carte sur une page ouverte depuis un message. Passez toujours par le site que vous ouvrez vous-même.

Les variantes qui circulent aussi

La même mécanique sert à d’autres tromperies. Le faux remboursement d’impôts, la fausse amende, le faux message de la caisse d’assurance maladie.

On retrouve toujours les mêmes ingrédients : l’urgence, une petite somme, et un lien. Une autre variante très agressive se fait passer pour votre banque, et nous l’avons détaillée dans notre article sur l’arnaque au faux conseiller bancaire.

Les tromperies par message sont voisines, et notre guide sur les arnaques par SMS complète utilement celui-ci.

Que faire du message une fois signalé ?

Supprimez-le, tout simplement. Le garder ne sert à rien, et un jour vous ou un proche cliquerez dessus par mégarde.

Ne répondez surtout pas, même pour dire « stop ». Une réponse confirme que votre numéro est utilisé, et vous en recevrez davantage.

Enfin, ne bloquez pas systématiquement l’expéditeur. Les escrocs changent de numéro à chaque envoi, donc cela ne sert pas à grand-chose ici.

En parler autour de soi

Parlez-en à vos amis et à vos voisins. Une personne prévenue ne clique pas.

Convenez aussi d’une règle en famille : en cas de doute, on appelle quelqu’un avant de cliquer. Un appel de trente secondes évite bien des ennuis.

Surtout, ne restez jamais seul avec un doute. Il n’y a aucune question idiote sur ce sujet.

Ce qu’il faut faire maintenant

Regardez les messages reçus ces derniers jours. Si l’un d’eux parle d’un colis et demande de l’argent, supprimez-le après l’avoir transféré au 33700.

Puis retenez la seule phrase à garder en tête : une arnaque au colis commence toujours par un lien reçu sans l’avoir demandé.

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